A Montreuil, c'est bien Mozart qu'on assassine...

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- Un billet d'humeur déposé sur le site www.montreuilagauche.org et signé... Aude AMEL -






En 6 mois, Dominique Voynet n'a toujours pas trouv
é l'occasion de prononcer le mot « culture ». Un oubli ? Une erreur ? Non : une faute, une idéologie et, mine de rien, un programme.


Le premier geste significatif de Dominique Voynet depuis son élection comme maire, dans le domaine, pourtant si prisé à Montreuil, de la culture a consisté à annuler du jour au lendemain le concert symphonique de la fête de la ville le 21 juin dernier. Un ensemble de bénévoles et de musiciens professionnels répétait pourtant depuis des semaines pour interpréter en plein air devant une population incroyablement nombreuse et diversifiée La Flûte enchantée de Mozart. Madame Voynet argumenta cette annulation de dernière minute en décuplant le coût réel de l'opération dans les médias, en inventant que l'opéra concerné devait être le préféré de son prédécesseur et qu'il l'aurait par conséquent choisi seul pour convenance personnelle et en ajoutant, en substance : « Un discours de Dany Cohn-Bendit sera tout de même plus approprié que Mozart pour fêter l'anniversaire de mai 68 [ce qui se discute]. Et au moins, Dany ne nous coûtera rien ! ». Faut-il préciser que le fameux Dany fut évidemment le grand absent de cette fête de la ville ? Hors des colonnes étroites de Montreuil Dépêche Hebdo, le témoignage promis aux journaux nationaux n'eut donc pas plus Heu que le concert public. Résultat ? Rien ! Pas d'ambition, pas de résultat.

Ainsi s'affichait tristement la relation aux arts de Madame la Maire : à l'expérience esthétique, au choc émotionnel que procure le rapport immédiat et souvent inédit à l'œuvre, Dominique Voynet disait clairement préférer le discours politicien qui lui est sans doute plus familier. Combien, dans son équipe municipale, avaient assisté l'année dernière au concert de la 9èïne symphonie de Beethoven lors de cette même fête de la ville ? Combien avaient vu de leurs yeux les visages surpris, bouleversés, sidérés, de ces gosses, de ces mères, originaires d'Afrique, de Montreuil ou du Maghreb, qui, pour une bonne part d'entre eux, n'avaient jamais entendu de musique classique ailleurs que sur un quai de métro ou dans un ascenseur ? Renonçant à la culture dans ce qu'elle a à la fois de plus beau, d'exigeant et de généreux, Dominique Voynet confessait une prédilection pour le copinage et \speopls. A la démocratisation culturelle dans ce qu'elle a de plus noble, de plus nécessaire et de plus ambitieux, elle privilégiait le bluff médiatique, qu'elle estimait sans doute nécessaire à l'accomplissement de son destin national : chacun ses priorités. Mais ce n'est certainement pas ainsi que sera, comme promis, réduite la fracture dénoncée entre le bas et le haut Montreuil...

Du Centre Dramatique National au Conservatoire de musique, en passant par la Maison populaire, le seul point de vue de Dominique Voynet exprimé pour, l'heure sur les structures culturelles subventionnées par la ville reprend cette rengaine poujadiste que ne renierait sans doute pas Nicolas Sarkozy : « Le problème de la culture, c'est qu'elle coûte de l'argent,.. » «Mais combien coûte l'absence de culture?» demandaient récemment dans la rue certains intermittents du spectacle, que Montreuil accueille, comme chacun sait, en grand nombre. Après l'abandon sans concertation du projet du Garage, qui devait être voué aux arts plastiques et tandis que le projet d'extension du Méliès est plus incertain que jamais (Ci Montreuil Dépêche Hebdo du 10 septembre), on peut se demander si Dominique Voynet ne va pas, sur chaque dossier culturel, reproduire point par point la méthode et l'argumentaire qui a justifié l'annulation de l'opéra de Mozart prévu pour la fête de la ville :

1)    Gonfler artificiellement le budget du projet et minimiser l'argent disponible pour le réaliser.

2)  Suspendre tout ou partie des projets antérieurs en les réduisant à de simples caprices mégalomaniaques de Jean-Pierre Brard et en leur niant toute ambition culturelle et sociale.

3)    Réinjecter, si nécessaire, âupeople en invitant (ou en faisant mine d'inviter) quelques amis bobos.

4)    Communiquer à tour de bras, pour masquer chaque nouvelle trahison des électeurs.

Ils vont être déçus, ceux qui, comme moi, croyaient avoir élu une femme de gauche !

Publié dans Billets d'humeur

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A. ARSAUT 10/10/2008 14:34

Contrairement à Aude je ne suis pas un déçu de Mme Voynet pour la seule raison que je n'ai pas voté pour elle. Pour moi la gauche était représenté par JP Brard qui entre parenthèses était très bien hier à la télé en parlant de Georges Fenech la preuve qu'il n'est pas sectaire donc Mme Voynet m'a dit au marché Paul Signac que si elle était élue elle démissionnerait de son mandat de Sénateur cela n' a changé en rien mon bulletin de vote mais si certaines personnes ont pu la croire je comprends le sentiment de trahison qu'elles ressentent

Thierry Berkover 09/10/2008 23:28

Eh oui ! Quand Dominique Voynet entend parler Culture, elle sort son budget !...
Sa conception de la Culture est toute empreinte de libéralisme : la Culture est un coût !
La Culture c'est une Mémoire et D.V. veut se débarasser de la Mémoire ! Pour nous faire croire qu'il y aura à Montreuil une ère avant D.V. et une après ? Pitoyable !