Convention d'équilibre habitat / activités

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Hier soir, le Conseil municipal, débattait, notamment, de la convention d'équilibre habitat / activités. Cette convention engage la ville et son avenir en fixant, notamment, les conditions de réalisation des logements et des bureaux sur l’ensemble du territoire de la commune.

A cette occasion, Gaylord LE CHEQUER est intervenu au nom des élus du groupe Gauche Unie et Citoyenne. Au terme d’un débat de fond refusé par la maire et de questions restées sans réponses, les élus de la minorité ont voté contre cette convention.




Plutôt que d’aller directement dans le corps de cette convention, je voudrais commencer mon propos par son préambule qui est fort instructif puisqu’il constitue le postulat de départ qui vous a permis de construire cette convention. En clair, vous partez de l’existant - légué par vos prédécesseurs - pour tracer l’avenir.

 

Et, que dites vous de l’existant et de ce legs de vos prédécesseurs :

 

p.3 « Afin de remédier à la pénurie de logements en Ile de France, une politique incitative (c’est vous qui le dites) de construction a été mise en œuvre ». Vous leur reconnaissez même « une forte volonté de rééquilibrage territorial entre le Haut et le Bas de Montreuil. L’accent a aussi été mis sur la réhabilitation du parc ancien et sur la lutte contre l’insalubrité. Différents dispositifs visant à remettre sur le marché immobilier des logements offrant des conditions décentes d’occupation ont ainsi été mis en œuvre dans le cadre du protocole d’éradication de l’habitat indigne ».

 

Plus extraordinaire encore votre majorité nous présente un document faisant l’éloge de la politique de développement économique menée par vos prédécesseurs :

 

En page 4 : « Cette dynamique s’est aussi accompagnée d’une politique de redynamisation économique de la ville, et notamment du Bas de Montreuil, dans un souci de rééquilibrage territorial entre l’ouest et l’est de la région parisienne et d’apport de taxe professionnelle ».

Et de rajouter, tenez-vous bien : « Cette politique visait à contrecarrer la crise économique violemment subie par la ville dans les années 1990 pendant lesquelles l’emploi et le taux d’emploi avaient, respectivement, reculé de 20% et de 14%. »

 

Une réalité que vous avez tenté de nous contester à l’occasion de la présentation du rapport Kloppfer puis de l’audit financier.

 

Trop occupés sûrement par la rédaction et la relecture de votre livret de propagande distribué à grands frais pour tenter de valoriser un an de mandat pourtant assez pâle, votre polit’ bureau, madame la sénatrice-maire, a dû flancher ou s’endormir lors de la relecture de ce préambule dont nous ne supprimerions quasi aucun passage.

 

Mais encore plus beau, malgré tout ce que nous avons pu entendre de la bouche même de monsieur Martinez et malgré une sénatrice-maire, soucieuse de poursuivre son travail de dénigrement de l’action menée par ses prédécesseurs, page 4 toujours :

 

« Grâce à la reconversion en programmes de bureaux de plusieurs sites industriels désaffectés du Bas Montreuil, la ville est parvenue, fin 2007, à retrouver un niveau d’emploi se rapprochant de celui du début des années 90, soit, près de 45 000 emplois. »

 

Les bras nous en tombent. Avec ce préambule vous discréditez toute la communication mensongère entendue depuis des mois.

 

Et j’en viens à la seconde partie de mon intervention.

 

Partant de ce bilan positif de l’action de vos prédécesseurs, vous ouvrez certaines perspectives. Au mieux, nous les jugeons incantatoires et illusoires mais, dans la plus part des cas, elles sont surtout inquiétantes et toujours financièrement risquées.

 

1ère remarque cette convention stipule que les orientations stratégiques de la commune en matière d’urbanisme ne sont pas encore arrêtées puisqu’elles dépendent du PLU. Dans le meilleur des cas et selon vos propres estimations, l’approbation du PLU n’interviendra pas avant septembre 2010. Ce qui veut dire qu’aucun permis de construire ne pourra être engagé - pour permettre d’atteindre les objectifs cités dans votre convention – avant courant 2011. Aussi, comment croire que vous réaliserez 3500 logements en à peine 3 ans et surtout avec quels financements ?

 

2ème remarque, l’approbation du PLU passe par un travail de concertation préalable et obligatoire, avec les personnes associées, c'est-à-dire notamment les villes voisines. A notre connaissance rien n’est prévu à ce stade. Comment comptez-vous mener ce travail en respectant les délais de concertation et en évitant de traiter le sujet par-dessus la jambe comme vous êtes en train de le faire avec les Montreuillois ?

 

3ème remarque : Vous dites vouloir vous engager sur un ratio logements / bureaux de 1,8 soit 270 000 m2 de logements pour 150 000 de bureaux. C’est à dire - nous venons de le voir - 700 logements par an.

 

Or, madame VIPREY ne peut ignorer que pour 500 logements construits, il faut compter, environ, sur une centaine d’enfants à inscrire dans nos écoles.

 

Donc, si nous suivons vos hypothèses, la ville devra assurer la construction de plusieurs établissements scolaires, le financement de dizaines de postes  pour accueillir et encadrer l’ensemble des enfants des familles que vous voulez installer sur le territoire et qui représentent, in fine, un accroissement de population de +10%. Avec quelles ressources ? La question se pose d’autant que vous réduisez la part de bureaux à installer sur le territoire de notre commune pourtant sources de revenus et d’activités indispensables pour l’équilibre de la ville.

 

4ème remarque : l’intercommunalité. Vous le dites vous-mêmes, cette convention est caduque avant même qu’elle ne soit votée par votre majorité. Pourquoi, parce que l’intercommunalité viendra modifier le cadre des engagements inscrits dans ce texte. Mais, pour cela, encore faudrait-il savoir où nous allons ? Or les Montreuillois ne sont pas consultés et notre Conseil municipal n’a que la presse locale pour se tenir informé de notre probable prochain basculement dans l’intercommunalité alors que c’est dans cette enceinte que devraient se discuter et se trancher ces questions. Selon quel périmètre mais surtout sur quels contenus et projets structurants pour notre ville ? Une fois de plus concertation et dialogue minimalistes priment au profit de petits arrangements entre amis et de secrets d’alcôve.

 

5ème remarque : Les Mûrs à pêches… Une commission a été mise en place, et devait remettre son rapport pour qu’il soit discuté par notre assemblée. Où est ce rapport ? Quelles sont ses conclusions ? Est-il préconisé une urbanisation des Mûrs à pêches comme cela est indiqué dans votre projet de convention ? Nous nous étranglons à la lecture de ces quelques mots : Urbanisation des Mûrs à pêches !

 

Vous l’aurez compris, pour le groupe de la Gauche Unie et Citoyenne, ce projet de convention n’est ni amendable, ni améliorable, ni acceptable.

 

Il est tout simplement le reniement de l’identité même de la ville.

 

Il entend faire table rase du Montreuil attractif, populaire, dynamique et ouvert.

 

Pire encore, avec le recul sur l’axe du développement économique au profit d’une sur-densification urbaine, c'est-à-dire d’un accroissement sensible de la population, à moyen terme, c’est la mise en cause de politiques sociales et culturelles ambitieuses, qui souffriront de l’absence de ressources fiscales suffisantes.

 

Avec une telle convention, vous voulez briser les équilibres socio-économiques de la ville. Cette perspective ne sera pas cautionnée par les élus du groupe de la Gauche Unie et Citoyenne, nous voterons contre ce texte.

 

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