Projet d'aménagement et de développement durable

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CONSEIL MUNICIPAL DU JEUDI 30 AVRIL

INTERVENTION DE GAYLORD LE CHEQUER

AU NOM DU GROUPE DE LA GAUCHE UNIE ET CITOYENNE




Une intervention en 3 points, d’abord, les éléments de consensus, ensuite les divergences et désaccords, et enfin nos propositions.

 

I. Principaux points d’accord

 

Sur un certain nombre de points, le nouveau PADD n’est pas très différent (sauf dans la formulation) du PADD voté en 2007. Ces points reçoivent donc bien évidemment notre approbation pleine et entière, sous réserve qu’ils soient effectivement traduits concrètement dans le PLU et dans la gestion municipale. Nous approuvons tout particulièrement trois orientations fondamentales qui correspondent à notre vision de l’avenir de Montreuil.

 

1. L’accent mis sur la préservation du caractère populaire et de la diversité (mixité activités/logement, mixité sociale)

 

Pour que le PLU traduise concrètement cet objectif (car nos débats antérieurs, notamment concernant la convention d’équilibre lors du dernier CM montrent la limite des déclarations de principe), nous proposons de travailler particulièrement deux points essentiels :

 

- La délimitation précise des zones où un effort particulier s’impose en matière de logements sociaux ou d’activités (emplois).

 

- La définition des dispositions à prendre dans le règlement de PLU pour contrer efficacement la spéculation immobilière.

 

2. Les efforts spécifiques proposés pour le haut Montreuil, notamment la réalisation d’équipements de quartier et de commerces, le traitement de la coupure de l’autoroute et l’amélioration des transports.

 

Nous proposons d’engager rapidement une concertation avec les habitants, sur la base de propositions concrètes (et non de principes abstraits) pour mettre en œuvre dans le PLU cette orientation et renforcer les actions déjà engagées par le passé pour une amélioration des transports par bus.

 

3. L’accent mis sur une approche écologique d’ensemble (ville à transmettre), notamment la trame verte, la préservation des mûrs à pêches, le renforcement des obligations de verdissement dans le règlement (toitures végétalisées, plantations), l’encouragement à l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments.

 

II. Il y a en revanche plusieurs points sur lesquels le nouveau PADD nous paraît inacceptable. J’en citerai trois :

 

1. L’abandon de la priorité à l’emploi. Le PADD de 2007 donnait la priorité à l’emploi et à la modération de l’augmentation de la population afin d’être en capacité de répondre aux besoins en matière d’équipements collectifs et de pérenniser la politique sociale qui caractérise Montreuil.

 

Dans le nouveau PADD, l’emploi cesse d’être un objectif prioritaire et la construction de bureaux, une des principales sources d’emplois et de ressources aujourd’hui, est stigmatisée et raillée.

 

Vos priorités vont à une très forte augmentation de la population, + 10% (environ 150 000 habitants) sans axes forts et concrets en matière d’accompagnement par des politiques et équipements publics pourtant indispensables.

 

Or, pour nous, il nous paraît nécessaire de réaffirmer la priorité à l’emploi, sans ostracisme, mais aussi au logement social et à l’amélioration des transports et des équipements collectifs. Nous proposons en conséquence que le PADD hiérarchise clairement ces priorités. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

 

2. La priorité au logement social doit être renforcée là où il en manque. En gros, cela veut dire faire l’inverse de ce que vous prévoyez avec la révision simplifiée du POS bas Montreuil avec seulement 25 % de logements sociaux, alors qu’il en faudrait le double sauf à basculer la plus grosse part de logements sociaux dans le haut Montreuil, là où il sont déjà nombreux. Des dispositions doivent être prises pour dissuader la spéculation qui réduit l’emploi et menace le caractère populaire de Montreuil. Le rythme de croissance de la population doit être maîtrisé, de manière à pouvoir assurer la réalisation en temps voulu des équipements et renforcer nos politiques sociales.

 

 

3. Un engagement plus fort pour l’amélioration des transports

C’est une condition incontournable pour améliorer l’attractivité du haut Montreuil et réduire la coupure de la ville. Nous proposons de renforcer et de compléter ce chapitre dans le PADD. Sans politique volontariste et combative en la matière, pas de développement économique à espérer. Les annonces Présidentielles d’hier soir en matière de transport laissent à penser que Montreuil, sera une oubliée de l’affaire si nous ne réagissons pas rapidement et avec les villes voisines concernées.

 

III. Engager une concertation efficace

Sur la forme, ce projet, qui est le troisième qui nous a été communiqué en trois semaines se ressent de la hâte avec lequel il a été rédigé et du stress qui a été imposé aux services ou aux prestataires. On trouve à toutes les pages un jargon ésotérique souvent difficile à comprendre et qui, en tout cas, crée un obstacle sérieux aux possibilités données aux citoyens de lire et d’amender ce texte. On touche plusieurs fois à un véritable charabia. Une réécriture est nécessaire. Nous proposons qu’il soit donné du temps à cela..

Comme l’écrivait monsieur Petitijean au mois de Février, « Définir quelle ville nous voulons en 2020, les enjeux et les défis auxquels notre ville est confrontée, le mode de développement à suivre (au-delà de la proclamation de son caractère « durable »), la stratégie urbaine à suivre, et la manière de construire la ville avec ses habitants. Ce n’est pas simple, cela prend du temps, ce n’est la culture ni des élus, ni des services, ni de la plus grande partie des habitants. »

Il donc temps de passer des discours aux actes monsieur Petitjean. Après tant de jugements et de critiques par le passé tout le monde vous attend.

Et soyons honnêtes entre nous, élus, censés responsables, combien sommes-nous autour de cette table à comprendre et à maîtriser un document qui nous a été transmis il y a moins d’une semaine dans les conditions que je viens d’énoncer ? Où est l’effort de pédagogie, envers les élus et donc à fortiori envers la population que nous sommes sensés représenter pour décider de son avenir pour les 20 années à venir ?

Vous l’aurez noté, dans nos interventions, des points d’accords, mais également des désaccords assez essentiels pour lesquels nous avançons des propositions concrètes. Si nous avions eu à voter ce texte ce soir, nous n’aurions pas validé ces orientations en l’état.

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