L'avenir du Centre de santé Voltaire en débat au Conseil municipal

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Le collectif des usagers des centres municipaux de santé était présent, hier soir, lors de la séance du Conseil municipal afin de remettre 2041 pétitions demandant à la municipalité de renoncer à son projet de fermeture du centre de santé Voltaire.

En parallèle, le docteur Patrick DAOUD, du Centre Hospitalier Intercommunal de Montreuil, est venu exprimer l’inquiétude et le mécontentement de l’ensemble des acteurs de la santé hospitalière, face aux orientations gouvernementales et en particulier au projet de loi Bachelot portant réforme de l'hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires.

Ci-dessous, retrouvez, l’intervention de Gaylord LE CHEQUER – Conseiller municipal, au nom des élus du groupe Gauche Unie et Citoyenne.




« La loi bachelot ou comment dissuader les pauvres de se faire soigner » ; tel est le titre d’un récent article publié et dont je vous recommande la lecture.

Dans les faits, nous voyons bien que cette loi vise à mettre à mal l'ensemble du système de santé publique en France. La logique qui guide ce texte est celle de la réduction drastique des dépenses hospitalières.

Or, si le souci financier est évidemment incontournable, lorsque l’on se veut de gauche, nous ne pouvons que réprouver le fait que cette loi fasse de la culture du résultat et du chiffre son objectif principal mettant ainsi en danger la qualité des soins et de l'écoute des patients.

La loi BACHELOT, si elle devait être votée en l’état, conduirait à un alignement total de l’hôpital public sur une démarche marchande et concurrentielle, ce qui est contraire aux principes même de santé publique. Cette loi entérinerait les principes qui régissent les établissements privés lucratifs qui sélectionnent leurs patients en fonction de la rentabilité des pathologies  et des durées d’hospitalisation.

Les Montreuilloises et les Montreuillois qui ont eu à se rendre au CHI de Montreuil savent eux aussi qu’il serait dangereux que la logique du résultat évince celle de l’obligation des moyens : moyens humains, matériels et financiers qui permettent de répondre aux situations sanitaires et pathologiques des usagers en améliorant les conditions de travail des soignants.


Mais, si le projet de loi Bachelot va faire souffler un vent libéral sur la santé et s’il touche en premier lieu les hôpitaux, les Centres municipaux de santé, qui accueillent les populations les plus précaires, seront eux aussi affectés.


Leur mise en concurrence avec le privé va rendre encore plus difficile l’accès aux soins et dissuader chômeurs, retraités et travailleurs pauvres de consulter. Dans ce contexte, l’ensemble des élus de la minorité ont eu l’occasion de l’exprimer à plusieurs reprises, nous ne comprenons, ni ne partageons votre décision de fermer un centre de santé municipale.


Vous savez bien que le projet de loi prévoit la suppression de l’agrément préfectoral jusqu’ici nécessaire à l’ouverture d’un établissement de santé et qu’il suffira d’une autorisation accordée par l’Agence Régionale de Santé. Si cette dernière donne la préférence aux maisons de santé à but lucratif sur les CMS, il n’y aura pas de recours. Il plane donc sur les projets de nouveaux CMS un sérieux doute, raison de plus pour maintenir les centres existants. Ce que nous proposons c’est qu’aucune fermeture de centre municipal de santé n’intervienne avant l’ouverture d’un nouveau centre municipal de santé.


Par ailleurs, vous le savez, la loi joue sur la confusion entre centres de santé, publics, maisons ou centres de santé, privées, alors que leur statut et leur mission ne sont pas les mêmes et que ce qui est en cause, c’est une mise en concurrence et la porte ouverte à des privatisations.


A ce sujet, dans le compte rendu du conseil de quartier Bel Air Grands Pêchers que tous les élus ont reçu tout récemment, et qui fait suite à une rencontre de ce conseil avec monsieur Petitjean, que lisons-nous : l’annonce par monsieur Petitjean de la « création d’un centre médical ». Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas lu ou entendu de rectificatif de votre part. Or il existe dans cette déclaration, les mêmes confusions que dans la loi Bachelot. C’est pourquoi nous vous demandons donc que soit clairement dit et écrit que ce sur quoi vous vous engagez, c’est bien sur la création de centres municipaux de santé.


Les élus du groupe de la Gauche Unie et Citoyenne ne se résignent pas à voir croître une situation de crise majeure dans les hôpitaux qui n’épargnerait sûrement pas le CHI de Montreuil. Mais les élus du groupe Gauche Unie et Citoyenne ne désespèrent pas non plus de vous voir entendre raison ce soir en acceptant enfin de suspendre la fermeture du Centre Voltaire et en ouvrant un espace de dialogue et de rencontre avec le collectif des usagers des centres de santé.

 

A ce titre, nous soutenons fortement la demande formulée par le collectfi des usagers des centres municipaux de santé d’être associés à l’élaboration du Plan Local de Santé Publique

 

Enfin, nous le redisons, nous vous demandons solennellement de renoncer à toute fermeture de centres de santé.

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