Insécurité alimentaire dans le monde : Le PADDY et la coopération Montreuil / Yélimané, une goutte d’eau… mais une goutte d’eau essentielle

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TRIBUNE DE GAYLORD LE CHEQUER
CONSEILLER MUNICIPAL DE MONTREUIL
GROUPE GAUCHE UNIE ET CITOYENNE


La FAO (
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) vient de publier son rapport annuel sur L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde. Un rapport inquiétant qui met, une fois encore en évidence le fait que la  faim dans le monde est en progression lente mais constante. Dans ce cadre, Jacques Diouf - directeur général de la FAO – rappelle que « l’insécurité alimentaire ou pire les famines dépendent d’un élément essentiel : l’investissement. Or, la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement est passée de 17 % en 1980 à 3,8 % en 2006. ».

L’agriculture… c’est justement elle qui est au cœur d’un programme original appelé PADDY (Programme d’Appui au Développement Durable de Yélimané). Impulsé par la ville de Montreuil, les associations de migrants à Montreuil, les associations villageoises et les autorités locales du Cercle de Yélimané au Mali, ce programme bénéficie aujourd’hui d’un soutien et d’un engagement des gouvernements malien, vietnamien et français mais également de celui de la FAO ou encore de l’Agence Française de Développement.

Situé à l’articulation entre programme de coopération décentralisée (du fait du rôle majeur joué par la ville de Montreuil) et programme interétatique, ce projet entend contribuer à l’autosuffisance alimentaire d’une région du Mali particulièrement touchée par la famine et la sécheresse. L’engagement et la détermination de Jean-Pierre BRARD, alors maire de Montreuil, ont permis de poser les bases d’un projet exemplaire, reconnu bien au-delà des frontières de Montreuil et du Cercle de Yélimané. Ce projet doit entrer dans une nouvelle phase en janvier 2010.

Or, depuis les dernières élections municipales et le changement de majorité, des inquiétudes existent quant aux intentions de l’équipe conduite par Dominique VOYNET à l’égard de ce programme et, notamment, du volet agricole de celui-ci. Un volet essentiel puisqu’il touche à la question primordiale de la sécurité alimentaire pour les populations concernées.

Le rapport annuel de la FAO le rappelle : « les progrès dans la réduction de l’insécurité alimentaire ont été les plus rapides à l’époque où le niveau de l’Aide Publique au Développement allouée à l’agriculture était beaucoup plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui. Le problème du sous-investissement dans l’agriculture s’aggrave en période de difficultés économiques telles que la crise économique mondiale actuelle, car lorsque les budgets privés et publics se resserrent, les dépenses d’investissement sont généralement plus touchées que les autres, y compris dans l’agriculture. »

Dans ce contexte, il serait préjudiciable que la ville de Montreuil abandonne sa place et son rôle dans le PADDY. La ville est l’un des points d’appui institutionnels de ce projet. Il faut qu’elle le reste. Ce qu’elle n’a pas confirmé jusqu’à ce jour !

Ibrahim DOUCOURE, Maire de Tambacara, responsable de l’Association des Maires du Cercle et Yélimané et par ailleurs Président de l'association d'appui au développement durable de Yélimané (ADDY) l’a rappelé lors d’une rencontre publique à Montreuil au mois de septembre dernier : « l’ensemble des partenaires et bénéficiaires du PADDY souhaitent que la ville de Montreuil reste un partenaire présent et actif ».

De même, Ibrahim DOUCOURE a souligné l’importance, vitale, du maintien du volet agricole de ce programme. Une demande qui n’est pas en contradiction ou en opposition avec la possibilité, pour la nouvelle municipalité, d’impulser de nouveaux projets.

Il est à parfaitement essentiel que ce programme ne souffre d’aucune stratégie politicienne, d’où qu’elles viennent. La question fondamentale qui est en jeu est celle de la vie - de la survie - des populations du cercle de Yélimané, des familles de nombreux de ressortissants du cercle de Yélimané qui vivent avec nous, à Montreuil.

Jacques DIOUF l’a rappelé dans une récente interview, il faut 42 milliards de dollars par an d’aide publique au développement en plus des financements des budgets nationaux et du secteur privé pour éradiquer la faim dans le monde d’ici à 2025. C’est peu, comparé aux 1340 milliards de dollars dépensés annuellement pour l’armement. Alors face aux enjeux pointés par la FAO, le PADDY et la coopération Montreuil / Yélimané ne sont peut-être qu’une goutte d’eau mais une goutte d’eau essentielle.

C’est pourquoi, comme cela fut exprimé par Ibrahim DOUCOURE, il serait regrettable que la ville de Montreuil ne garde pas la place et le rôle essentiels qu’elle joue dans le programme PADDY. Nos partenaires maliens, d’ici et de là-bas, ne demandent qu’à être rassurés quant à l’engagement de la ville pour que soit maintenu le volet agricole de cette coopération.

Pour nourrir la planète, il faut produire là où les gens ont faim…

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