Le PLU ne passe toujours pas, ses conséquences provoquent l'exaspération

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LE PLAN LOCAL D’URBANISME NE PASSE TOUJOURS PAS…

SES CONSEQUENCES PROVOQUENT L’EXASPERATION

 

Tribune de Gaylord LE CHEQUER

Président du Rassemblement de la Gauche Citoyenne


  

Au regard de la nouvelle manifestation qui s’est tenue jeudi soir  en ouverture du Conseil municipal, nous ne pouvons que regretter la surdité et l’obstination de la majorité municipale à ne pas vouloir prendre en considération nos avis, nos remarques et nos propositions à chaque fois où nous vous les avons formulées.

 

La municipalité paie, une fois encore, le prix politique de son refus de revoir son Plan Local d’Urbanisme. Et pourtant, en avril 2009 à l’occasion du débat relatif au Projet d’Aménagement et de développement durable (PADD), puis en février 2010, nous la mettions en garde sur la faiblesse des outils et moyens mobilisés pour combattre la spéculation foncière et encadrer la densification urbaine, deux des principales sources du mécontentement actuel !


Quelle est la réalité aujourd’hui ? Pour toutes celles et tous ceux qui se promènent un peu dans leur ville, c’est la floraison des opérations privées dignes des beaux quartiers de Boulogne ou d’Issy-les-Moulineaux. C’est un prix du mètre carré dans le logement neuf qui explose avec 4 500 euros le mètre carré. C’est une absence totale de maîtrise des prix du foncier par la ville ! C’est l’application du surloyer dans nos HLM et une nouvelle augmentation par exemple cité de l’espoir dans les prochains jours conduisant à un total cumulé de 8% de hausse des loyers.
 

La municipalité s’étonne et peste face à l’expression du mécontentement qui se manifeste, mais elle paie, seule puisqu’abandonnée par 2 de ses premiers adjoints successifs et deux de ses adjoints en charge de l'urbanisme, la quasi inexistence de débat et de concertation tout au long de la phase qui a précédé celle de l’écriture réglementaire du PADD, puis de révision du Plan d’Occupation des Sols (POS) enfin de ce PLU. A force de penser qu’elle a raison toute seule, la municipalité se plante mais là, le problème c’est qu’elle entraîne la ville dans sa chute. 

 

Nous avons régulièrement appelé à prendre garde de ne pas sombrer dans les travers de la communication et ce au détriment de la démocratie de proximité et au partage des processus décisionnels pour la co-élaboration des grands projets d'aménagement. Combien de dizaines et de dizaines de milliers d’euros gaspillés dans des plaquettes destinées à vanter ses projets urbanistiques et cela au détriment d’une présence de terrain et d’écoute des habitants ?

 

Finalement, tout ce qui se déroule en ce moment sous nos yeux reste parfaitement cohérent avec le fond de la vision de la ville de l’équipe en place qui dit vouloir conserver le caractère populaire de notre ville, mais qui est contredite dans les faits et propos de l’ancien directeur de cabinet de la maire : «  notre atout c’est qu’un quart de l’espace public demeure à l’abandon. Des logements seront construits sur ce foncier libre. Cela augmentera le prix de l’immobilier et éloignera les couches les plus populaires vers les deuxième et troisième couronnes ». Que se passe-t-il aujourd’hui ? Exactement ce qui avait été projeté par ce directeur de cabinet.

 

Contrairement aux postures et interprétations caricaturales, et un brun démagogiques, que nous avons pu entendre ici ou là, les élus Rassemblement de la Gauche Citoyenne et Parti de Gauche, tout comme les élus socialistes et communistes, ont eu l’occasion de rappeler que nous étions favorables au principe de densification de la ville qui permet de lutter contre l’étalement urbain et ses conséquences sociales et environnementales. Nous ne sommes donc pas dans la posture dogmatique ou dans l’opposition de façade pour flatter tel ou tel groupe, tel ou tel électorat.  

 

Mais, contrairement à ce qui est en train de se mettre en œuvre avec ce PLU, nous pensons, nous, que la densification doit être maîtrisée, planifiée et respectueuse du cadre de vie des habitants. Elle ne peut se réaliser sans la garantie que chaque quartier puisse disposer des services, des commerces, des transports et plus généralement de tout ce qui rend la vie plus pratique, plus conviviale et limite les déplacements. Or, avec les projets actuels la municipalité est en train d’ouvrir les vannes à la densification et à une augmentation non contrôlée de la population, prenant ainsi le risque de rompre les équilibres de mixité sociale et sans anticiper les besoins en équipements publics.

 

Il y a donc impérieuse nécessité de construire et programmer ces équipements préalablement à toutes opérations immobilières. L’équipe de Dominique VOYNET fait l’inverse.

 

Nous ne sommes pas favorables à une densification débridée qui satisfait les appétits des promoteurs et qui porte atteinte au bien être des habitants et à l’équilibre des finances publiques. Nous assumons donc pleinement notre vote, en mars dernier, contre le Plan Local d’Urbanisme.

 

Les élus RGC/PG sont porteurs d’autres propositions et d’une autre politique :

 

A Montreuil, il faut revoir de fond en comble le PLU qui s’en remet aux promoteurs et se prive des moyens qui lui permettraient d’avoir une maitrise sur le foncier, sur les programmes de construction et donc, à terme sur les loyers qui explosent déjà sur le territoire de la commune. Le PLU dont Montreuil a besoin, doit aller plus loin en matière d’engagements pour la construction de logements très sociaux et d’équipements publics, ceux là même dont les populations les plus vulnérables ont besoin.

 

Enfin, il faut une vision et une ambition politique pour notre ville. Nous, nous l’avons, et elle s’inscrit dans les grandes lignes du programme du Front de Gauche dont nous vous recommandons la lecture.

 

§         interdire les expulsions locatives de toute personne et famille en difficulté économique et sociale et mettrons en adéquation nos actes avec le discours contrairement à ce que nous voyons à la tête de l’OPHM dans notre ville

 

§         supprimer le surloyer et faire du parc de logements sociaux montreuillois une zone hors supplément de loyer de solidarité (SLS) par une ambitieuse révision du Plan Local de l’Habitat. En agissant ainsi, nous ferons preuve de courage et non de dérobade comme c’est le cas aujourd’hui et dont la conséquence est la fuite des familles à revenus moyens du parc HLM provoquant de graves déséquilibres dans les quartiers populaires sans pour autant résoudre la pénurie de logements sociaux.

 

§         Revenir sur la décision de privatiser le système de comptabilité de l’OPHM qui conduit à passer du Trésor Public à une gestion qui vise uniquement à la rentabilité.

 

Il n’y a pas de fatalisme à avoir face à la situation actuelle, la municipalité à la possibilité de mobiliser les moyens et outils qui permettront de répondre à la colère qui s’exprime régulièrement. Madame la maire, faites-le !

Publié dans Billets d'humeur

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