Montreuil doit muscler ses orientations budgétaires

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Montreuil doit muscler ses orientations budgétaires

 

 

Santé, éducation, sécurité : la Seine-Saint-Denis est dans le rouge et nos services publics pâtissent du manque de moyens et d’effectifs. L’état des lieux ainsi posé est accablant, mais il est malheureusement largement partagé par les élus du Département, toutes sensibilités confondues.

 

Le débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu jeudi dernier à Montreuil, n’a pas échappé à ce constat, l’élu au budget ayant consacré une part importante de son exposé, un brin atone, à dresser un état des lieux de la situation héritée de 10 années de Sarkozysme.

 

Elus de la majorité municipale, comme des minorités, nous avons fait le choix à la Présidentielle puis à l’occasion des élections législatives, de tourner cette page de l’ultralibéralisme. En nous rassemblant au second tour, dans notre diversité, nous avons voulu donner une chance au changement. Force est de constater qu’il tarde à venir.

 

Raison de plus pour réaffirmer notre volonté de voir la gauche reprendre l’initiative pour répondre à l’urgence de la crise actuelle. Raison de plus pour affirmer que la hausse de la TVA, la baisse de la dépense publique et des investissements, les réformes favorables au capital et non aux salaires, ne sont pas les bonnes réponses à la crise dans laquelle nous nous trouvons.

 

Avec une nouvelle majorité au parlement, nous sommes en droit d’espérer un autre avenir que ce que la droite nous a infligé trop longtemps : baisse ou le gel des dotations de l’Etat, suppression de la Taxe Professionnelle, transferts de charges sans compensation financière, non-paiement par l’Etat de ses dettes aux départements. Autant de contraintes qui ne visent qu’un seul et même objectif : contraindre la dépense publique locale.

 

De ce point de vue, les orientations budgétaires présentées jeudi dernier n’ont pas su donner le tonus nécessaire permettant de redonner espoir et combativité à nos concitoyens. La majorité constate, regarde passer le train de l’austérité qui s’abat sur nos concitoyens les plus fragiles, mais elle se tait, elle ne se bat pas.

 

Stéphane GATIGNON, Maire EELV de Sevran a eu recours à la grève de la faim pour défendre les intérêts de sa commune. Stéphane TROUSSEL, Président PS du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis a enjoint, publiquement, le Premier Ministre de passer des déclarations d’intention aux actes.

 

La réalité c’est qu’avec la crise, la situation sociale se durcit dans nos quartiers. La réalité c’est que cette crise, comme le dit fort justement Stéphane TROUSSEL est aggravée par les renoncements et le refus de mener le combat pour que des mesures d’égalité et de justice territoriale soient enfin prises.

 

Quelles actions sont engagées et proposées par la majorité municipale, en notre nom, au nom et avec les Montreuillois, pour faire changer cela ? Quelles actions au sein de l’Association des Maires des Grandes Villes de France ? Quelles actions au bureau de Paris Métropole ? Quelles actions avec nos collègues d’Est Ensemble ?

 

En tant que municipalité de gauche, notre devoir, contrairement aux propos de l’adjoint à la maire aux finances, n’est pas de « veiller à une redistribution équitable d’une ressource qui se raréfie », notre devoir, en tant qu’élus de gauche et de responsables politiques est d’agir pour une véritable péréquation permettant de faire payer les plus riches et donnant de véritables moyens pour la justice, l’égalité entre les territoires et les quartiers populaires. A ce tire, qui peut se satisfaire de lire que « dans un contexte de crise, pour renforcer l’action sociale » la majorité municipale se contente, « de stabiliser la subvention au Centre Communal d’Actions Sociales » ? Ne sommes-nous pas en droit, également, de nous étonner de l’absence totale de références à la politique municipale en faveur du logement social alors qu’au plan national cette question est une priorité de Cécile DUFFLOT ? Ne sommes-nous pas en droit de nous inquiéter lorsque l’on dresse le constat que la majorité municipale atteint un niveau d’emprunt anormalement élevé à ce stade de réalisation des principaux chantiers du mandat ?

 

A ce jour, ces orientations sont celles de la résignation face à l’austérité. Un mois nous sépare du vote du budget lui-même. Nous ne désespérons pas de trouver Montreuil à un niveau d’action et de combat qui soit en phase avec les attentes et espoirs de nos concitoyens. Si ce n’est pas pour 2013, alors, ce sera en 2014.   

Publié dans Tribune

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