4 août 1789 et abolition des privilèges... un trop lointain souvenir pour bon nombre de salariés !

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Tribune de Gaylord LE CHEQUER

Secrétaire général du CCM
Conseiller municipal de Montreuil
groupe Gauche Unie et Citoyenne



 Le 4 août 1789 et l’abolition des privilèges…

un trop lointain souvenir pour bon nombre de salariés !

 


Réunis en assemblée générale vendredi 31 juillet, les salariés de New Fabris (équipementier automobile) ont mis fin à leur mouvement - symbolisé par l’occupation de leur usine et par la menace de la faire exploser - après avoir bataillé pour de maigres indemnités de licenciement.

 

12 000 euros, c’est la modeste somme avec laquelle ils partiront finalement pour faire face à un avenir plus qu’incertain. C’est à peine un an de salaire pour la plupart de ces salariés et c’est surtout éloigné des 30 000 euros qui étaient demandés.

 

Dans l'ombre des grands groupes, de très nombreux sous-traitants, de toutes tailles, sont bien loin de parler - ou même d’imaginer - une quelconque reprise. Ils sont plus que jamais fragilisés et les conséquences sont connues : fermetures d'usines, mises en redressement judiciaire, liquidations, licenciements massifs.

 

New Fabris, Molex, Wagon Automotive, Bosal, ces noms autrefois connus des seuls responsables des achats de Renault ou PSA sont désormais familiers du grand public, actualité sociale oblige.

 

Comment rester indifférent face à cette réalité qui contraste avec la victoire révolutionnaire de l'égalité et de l’abolition des privilèges de cette fameuse nuit du 4 août 1789 ?

 

Parallèlement, à l’instar de l’ex-président directeur général de Valéo, les hauts dirigeants, les gros actionnaires des grands groupes continuent de bénéficier des largesses d’un système fait et pensé par eux et pour eux. Les parachutes dorés et autres golden hello ont toujours la belle vie. Pour l’ex-président directeur général de Valéo, c’est une indemnité de 3,2 millions d’euros qui lui a été versée à la suite de sa démission en mars 2009. Pour Frank Dangeard, (Thomson) : 2,29 millions d’euros en 2008, Gérard Le Fur (Sanofi-Aventis) 2,7 millions d’euros, José Luis Duran (Carrefour) 4,77 millions d’euros en 2008.

 

Aussi longtemps qu’aucune mesure concrète, efficace et tangible ne sera prise pour mettre fin à ce scandale et pour véritablement répartir les richesses, il sera difficile de faire croire à nos concitoyens que les privilèges n’existent plus. Qu’une politique de classe bénéficiant aux plus riches n’existe plus non plus.  

 

Avec son gouvernement, Nicolas SARKOZY refait, quotidiennement, le 4 août 1789 mais à l’envers. C’est une politique de revanche de la bourgeoisie sur le peuple. Cela a commencé dès le soir de l’élection du Président SARKOZY par un dîner entre amis au Fouquet’s, cela s’est prolongé avec une croisière de luxe sur le yatch d’un ami milliardaire ; cela s’est concrétisé surtout par la mise en place du bouclier fiscal. Comme le rappelle Thomas PIKETTY, « avec le bouclier fiscal, les 1 000 plus gros contribuables ont ainsi reçu cette année de l'administration un chèque moyen égal à 30 années de smic (350 000 euros) ». Ce type de mesure est à contre-courant de la révolution fiscale née cette nuit du 4 août 1789 et fondée sur le principe de l'universalité de l'impôt.

 

N’attendons pas 220 ans pour inverser la tendance à notre tour. Thomas PIKETTY propose, « en matière d'impôts, une nouvelle nuit du 4 août ». Chiche !

 

La gauche, dans un large front, doit pouvoir se mettre d’accord pour réduire les inégalités de revenus par les deux bouts en mettant fin au scandale des revenus et des indemnités insensés en haut de l’échelle, et au scandale des revenus et indemnités de licenciement de misère en bas de l’échelle. Ce serait un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour l’humanité.

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