Conseil municipal du 25 mars - Convention entre la ville et une crèche interentreprises

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INTERVENTION DE GAYLORD LE CHEQUER

PRESIDENT DU GROUPE DES ELUS GAUCHE UNIE ET CITOYENNE

  

Le texte de cette délibération et les objectifs visés par cette convention entre la ville et le Crèche interentreprises de l’Est Parisien nous semblent respectables. Il s’agit en effet d’offrir des places supplémentaires en crèches aux familles domiciliées dans le quartier Grands-Pêchers/Bel Air. Ce dispositif s’adresserait en particulier aux femmes isolées et aux personnes en réinsertion professionnelle et bénéficiant des dispositifs de retour à l’emploi.

 

Nous ne pouvons qu’adhérer à cet objectif tant les besoins en matière de lieux d’accueil pour la petite enfance sont criants. Orienter ces offres vers des quartiers de notre ville où la garde « clandestine » s'est développée au détriment, parfois, de la sécurité des enfants, de leur développement et leur bien-être nous paraît pertinent. C’est la raison pour laquelle nous voterons pour cette délibération.

 

Néanmoins, nous ne voudrions pas que cette « réservation » de places soit le premier pas vers un désengagement de la ville en matière de politique publique pour la petite enfance. C’est le message et la mise en garde que nous voudrions vous faire passer.

 


Seule une politique publique ambitieuse garantissant un accès de nos enfants à un mode d’accueil de qualité - ou à l’école maternelle sans barrière financière - permet d’investir efficacement pour l’avenir de nos enfants mais également pour le droit au travail des femmes.


J’étais, le 11 mars, avec les professionnels de la petite enfance de la ville, au départ de la manifestation en faveur de la campagne nationale intitulée « Pas de bébés à la consigne ». Ils étaient porteurs du même message et des mêmes mises en garde à l’égard d’un projet de décret du gouvernement relatif aux modes d’accueil collectif.


S’il était effectivement publié, il accentuerait davantage encore les régressions en cours pour la qualité d’accueil des jeunes enfants et les conditions de travail des professionnels.


Je regrette, une nouvelle fois, l’absence d’élus de la majorité pour soutenir les personnels de la ville mobilisés contre un tel projet. Je regrette votre absence, madame la Sénatrice-maire, alors que votre mandat de parlementaire aurait pu être mis au service de cette cause juste.


La dégradation des conditions d’accueil des jeunes enfants est inacceptable mais elle n’est pas inéluctable. L’exigence de qualité pour l’accueil des jeunes enfants est légitime et indispensable pour promouvoir leur développement et leur bien-être et répondre aux attentes de leurs familles, sur l’ensemble des territoires.


C’est pourquoi, nous vous mettons en garde contre la tentation qui pourrait naître de favoriser la recherche de solutions et de partenariats privés, au détriment d’une prise en charge publique.


Peu de temps après son ouverture dans le Bas-Montreuil,  la crèche interentreprises les Gazouillis a connu un mouvement de grève de ses personnels. Le 2 février 2009, les assistantes ou auxiliaires de puériculture et éducatrice ont stoppé parce que très remontées contre leurs conditions de travail. Parmi une longue liste de griefs, les salariées pointaient notamment l'absence de convention collective, de ticket repas, de paiement des heures supplémentaires ou de journées enfants malades.


Voilà pourquoi nous vous appelons à la vigilance, y compris dans la mise en œuvre et dans le suivi de cette convention ainsi qu’à ne pas abandonner une politique visant au renforcement et au développement des structures et des dispositifs, publics ou à but non lucratif, pour l’accès aux modes d’accueil des jeunes enfants.

 

 

 

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