Débat budgétaire : Dominique Voynet s'érigerait-elle en mère la rigueur ?
DOMINIQUE VOYNET CHERCHERAIT-ELLE A S’ERIGER EN MERE LA RIGUEUR ?
COMMUNIQUE DE GAYLORD LE CHEQUER
Président du Rassemblement de la Gauche Citoyenne
Conseiller municipal de Montreuil
A L'OCCASION DU DEBAT D'ORIENTATIONS BUDGETAIRES DE LA VILLE DE MONTREUIL
La préparation du budget de la ville pour 2012 s’inscrit dans un contexte national et international que subit notre ville, comme l’ensemble des collectivités de France. Une situation où prévaut la continuité de la politique gouvernementale de restriction des recettes locales. A la veille d’échéances importantes pour notre pays, les responsables politiques que nous sommes sont donc face à leurs responsabilités si nous voulons offrir à nos concitoyens une alternative crédible, rassembleuse et rénovée.
Avec Dominique VOYNET nous partageons l’analyse selon laquelle réforme après réforme – suppression de la taxe professionnelle, réforme des collectivités territoriales, transferts de charges non compensés, gel des dotations –, la politique gouvernementale n’a de cesse de contraindre la dépense publique locale et de nier le principe de libre administration des collectivités.
Mais Dominique VOYNET devrait se rappeler qu’elle fut un personnage politique de premier plan, avec son ami Yann Wehrling alors Secrétaire national des Verts et aujourd’hui éminente personnalité du MODEM a avoirentraînés les Verts Français à soutenir mordicus un traité constitutionnel qui allait graver dans le marbre les règles économiques les plus libérales qui soient et qui conduisent à la faillite actuelle.
Que ceux qui nous ont conduits dans cette situation commencent par présenter leurs excuses au peuple qui doit subir les cures d’austérité successives en conséquence de leurs actes politiques passés.
Au moment où Montreuil prépare son budget 2012, au lieu de marquer une vraie rupture avec la pire politique de rigueur jamais vue en France et en Europe, Dominique VOYNET préfère flatter les logiques financières en s’enfermant dans le sombre et austère débat de la dette.
A qui s’adresse donc Dominique VOYNET lorsqu’elle s’exclame : « Oui Montreuil a réduit sa dette de 23,4% » ? Aux Montreuillois ou aux agences de notations ? Le message tenterait-il de ressortir les grosses ficelles sur le fait que l’ère Voynet serait moins pire que le temps de ses prédécesseurs. La « mère la rigueur » s’érige en rempart face à ses collègues de la précédente majorité, ceux par qui la faillite serait arrivée…
En réalité, à mi-mandat, après une cure d’austérité largement ressentie par les Montreuillois, nos associations ou encore par nos agents municipaux, après une hausse massive de la fiscalité locale, après des augmentations conséquentes des loyers dans le parc HLM de la ville pour 2012, pour 43 millions d’euros d’investissements madame VOYNET doit emprunter 40 millions d’euros. Donc la part réelle d’autofinancement engagée se limite à 3 millions d’euros malgré la vertigineuse hausse des impôts qui a permis d’engranger 62.9 millions d’euros. Voilà la réalité. Est-ce là un résultat qui mérite des cris de victoire déplacés ?!
D’une analyse partagée sur les ravages qu’engendre une politique ultralibérale nous divergeons sur les réponses à apporter, sur la nature même du débat politique à mener et sur les priorités programmatiques qui devraient être celles d’une ville comme la nôtre. Le débat d’orientations budgétaires de ce soir en fera la démonstration, une fois encore et sera bien la preuve qu’une autre voie est possible, à Montreuil et dans le pays.