Désignation des 17 représentants de la commune au Conseil de la Communauté d’agglomération

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CONSEIL MUNICIPAL DU 17 DECEMBRE 2009

  

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Intervention de Gaylord LE CHEQUER

Président du groupe Gauche Unie et Citoyenne

 

Si diviser c’est mieux régner, ce soir nous pourrions penser que Machiavel a trouvé à se réincarner dans cette salle…

Comme nos collègues socialistes et communistes, nous refusons de cautionner et de participer à de basses manœuvres tactiques où les élus des trois groupes de la minorité serviraient de variable d’ajustement à de petits arrangements politiciens pour la répartition de postes entre élus de la majorité et entre factions politiques locales ou intercommunales. Des arrangements qui sont bien loin de la défense des intérêts des Montreuillois, des habitants de l’intercommunalité, des préoccupations et inquiétudes des agents communaux qui l’ont manifesté ce matin encore sous vos fenêtres.

Des négociations d’alcôves où chaque conseiller municipal devient une proie ou un pigeon et ou chaque siège de conseiller communautaire devient un trône convoité ou un poste de vigie pour de futures ambitions. Mais des négociations où il n’est jamais question du projet politique ou du projet de territoire. Pas plus qu’il n’est question des moyens que nous nous donnons pour, enfin, associer les Montreuillois et les agents communaux à la construction de ce projet.

Le vote de ce soir dans les formes envisagées, n’est que la confirmation d’une méthode de construction de cette future intercommunalité particulièrement contestable. Vous prenez la responsabilité d’imposer aux Montreuillois un spectacle navrant.

Comme je l’ai déjà dit le 26 novembre dernier, cela a commencé par votre refus d’associer les élus de la minorité aux travaux de l’association de préfiguration. Cela s’est poursuivi par une concertation à minima reléguant les Montreuillois et le personnel communal en de très lointains spectateurs d’un processus élaboré dans les bureaux de quelques fins stratèges. Vous vous êtes satisfaits, lors du dernier conseil municipal, des résultats issus d’un questionnaire adressé aux Montreuillois, mais on apprendra par la presse locale que seules 500 réponses étaient revenues, pour 47 000 questionnaires. 1% des Montreuillois ont ainsi manifesté leur intérêt ou tout simplement leur compréhension des enjeux. Comment être fiers d’une telle situation ?

La dernière étape de ce soir est révélatrice de cette conception et de cette pratique de la politique. En accordant 15 postes sur 17 à votre majorité vous décidez de nier la diversité des sensibilités de gauche issues du suffrage universel et représentées par chacun des 3 groupes de la minorité. Agissant ainsi, vous reléguez les élus de la minorité dans un rôle de figuration. Face à de telles pratiques, il ne faudra pas s’étonner du discrédit jeté par nos concitoyens sur la classe politique dans son ensemble et sur la classe politique montreuiloise en particulier.

La minorité, elle, assume cette diversité, elle en est fière. Socialistes, communistes, citoyens, camarades du parti de gauche se reconnaissant dans chacun des élus de la minorité.

Diviser la gauche plutôt que de la rassembler ce crédo là est destructeur. Nous constatons les conséquences de telles pratiques à tous les échelons de la vie politique et aux dépends de nos concitoyens. Il est regrettable que ces pratiques continuent d’avoir courre à Montreuil.

Mettre la démocratie au cœur des pratiques politiques, n’est pas qu’un slogan clamé le temps d'une campagne électorale et bafoué dans le cours de l'exercice d'un mandat.

Changer radicalement les pratiques politiques était inscrit dans votre programme et se déclinait ainsi : « Nous respecterons les droits des minorités au conseil municipal. Nous renforcerons le rôle et les moyens du conseil municipal, pour en faire un lieu de débat démocratique et de décisions, et pour qu’il ne soit plus une simple chambre d’enregistrement et y respecter notamment les droits de l’opposition. »

Enfin, je crois savoir que vous être membre d’une organisation et d’un courant politique qui milite pour une représentation proportionnelle. Cette exigence ne devrait donc pas se limiter en une requête à présenter à un gouvernement de droite, mais cela devrait être respecté et appliqué dans une municipalité de gauche.

Notre groupe, comme nous n’avons eu de cesse de le rappeler à chacune des étapes en Conseil municipal, est tout à fait favorable au principe même d’une intercommunalité.

Comme je le disais le 30 avril dernier, au nom de notre groupe : « la constitution d'une agglomération devrait effectivement aider les villes membres à peser plus fortement sur les choix politiques, économiques, sociaux et institutionnels qui auront à s'opérer dans les prochaines années dans cette partie de la région parisienne, le tout dans un contexte social et économique particulièrement préoccupant. Devrait pouvoir aider… si nous nous en donnons les moyens notamment dans la méthode même de construction. » Preuve est définitivement faite ce soir que la méthode que vous avez retenue n’est pas démocratique.

Nous restons attachés à l’idée d’une intercommunalité qui doit se construire avec les citoyens, les partenaires associatifs, syndicaux, les personnels territoriaux et en toute transparence sur les enjeux et les conséquences d’un tel regroupement. En faveur aussi d’une intercommunalité qui soit un véritable apport en matière de services publics pour les habitants pour faire face aux besoins de nos populations.

Dans ce contexte, c’est par une citation de Nicolas Machiavel auquel je faisais référence en introduction de mon propos que je conclurai : « Les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner ».

Pour ce qui nous concerne, nous n’avons pas honte de l’éventualité de perdre un poste, ou un siège. Par contre, nous aurions honte de tromper nos camarades des deux autres groupes de la minorité en cédant aux champs des sirènes, quelques qu’elles soient. A travers nous tous, élus de la minorité, ce sont de très nombreux Montreuillois que nous serions amenés à tromper si nous acceptions de manier la supercherie en nous éliminant les uns les autres. Ce n’est pas notre vision, ce n’est pas notre pratique de la politique.

C’est la raison pour laquelle, comme nos collègues socialistes et communistes, nous ne participerons pas aux votes si vous maintenez votre décision de n’accorder que 2 postes alors que nous sommes 3 groupes.

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