Roms de Montreuil : Madame VOYNET débordée…par son imprudence ?
Il aura fallu un an à Madame VOYNET pour reconnaître ce que nous pressentions : elle n’a plus aucune maîtrise de la situation. Pire, elle reconnaît depuis la fin de la semaine dernière, avoir laissé se développer une situation par laquelle elle est aujourd’hui débordée.
Si les déclarations d’intention sur le plan humain, social et de solidarité restent louables ; la manière dont les choses ont été gérées par l’équipe municipale laissent perplexe quant aux résultats. Les faits parlent d’eux-mêmes. Au soir de l’incendie de la rue Dombasle en juillet 2008, la ville devait faire face aux besoins d’une centaine de personnes à la rue. Aujourd’hui, selon Madame VOYNET elle-même, c’est un afflux de 700 à 1 000 personnes auquel la ville doit faire face et ce malgré un million d’euros déjà englouti pour des opérations régulièrement qualifiées de transitoires. De son côté le projet de maitrise d'ouvrage urbaine et sociale (MOUS) tarde à se mettre en place faute de portage politique cohérent et de dialogue avec les habitants.
C’est bien l’agitation médiatique et la gestion chaotique de ce dossier qui ont entrainé une telle perte de contrôle de la situation. Il était irresponsable de faire d’un sujet aussi complexe une opération de communication et de clivage partisan entre élus, habitants, collectifs et associations.
Avoir laissé à penser, malgré de nombreuses mises en garde (élus, associations, travailleurs sociaux), que la seule volonté locale pouvait suffire à répondre aux besoins d'intégration et de relogement de ces familles était imprudent. C’est dès le mois de juillet qu’il fallait s’inquiéter de l’engagement de l’Etat comme nous n’avons eu de cesse de le proposer.
Ce n’est qu’aujourd’hui que Madame VOYNET semble mesurer les conséquences d’une fâcheuse fuite en avant. Une prise de conscience qui arrive bien trop tardivement, alors que le grand froid s’abat sur le pays et que, comme le rappelle Julien LAUPRETRE, Président du Secours Populaire Français - les associations caritatives sont confrontées à un véritable « ras de marée de pauvreté » qui touche, à Montreuil comme ailleurs, de nombreuses catégories de population (migrants, travailleurs sans-papiers, SDF, chômeurs, travailleurs pauvres, jeunes étudiants etc.).
Voilà pourquoi, nous appelons Madame VOYNET à en revenir aux principes de la maitrise d'ouvrage urbaine et sociale (MOUS), à ne pas dépasser ce cadre qui lui a été fixé par sa propre majorité et à assumer ses responsabilités face à une situation qui lui a lamentablement échappée.