Mise en oeuvre de la MOUS roms - Nous en appelons au préfet !

COMMUNIQUE DE PRESSE
Gaylord LE CHEQUER - Président du groupe Gauche Unie et Citoyenne
Alexie LORCA - Présidente du groupe socialiste
Juliette PRADOS - Conseillère municipale Parti de Gauche
Jean-Jacques SEREY - Conseiller municipal communiste
Mise en œuvre de la MOUS ROM
Nous en appelons au Préfet
Au lendemain du dramatique incendie survenu en juillet 2008 dans un squat de la ville occupé par une petite centaine de personnes Roms, la municipalité de Montreuil a décidé d’engager un projet complexe, celui de l’insertion sociale, professionnelle et du relogement pour les familles roms installées de longue date à Montreuil.
Une ambition légitime à laquelle nous continuons d’adhérer et qui rompt avec des pratiques et discours d’exclusion, de rejet qui sont contraires aux valeurs de solidarité qui doivent prévaloir face à la détresse et à l’exploitation humaine dont sont souvent victimes les populations concernées.
A Montreuil, la question qui est posée n’est pas de savoir si ces orientations politiques sont bonnes ou pas, mais bien si la conduite et la gestion de la situation depuis juillet 2008 est à la hauteur des enjeux et si elles ont été efficaces ou non.
C’est bien parce que nous avons de sérieuses réserves sur ce point que nous avons pris la décision, comme annoncé lors de la séance du Conseil municipal du 18 février, de saisir le préfet pour demander, conformément à l’article 11 de la MOUS, une évaluation permettant d’apprécier le degré de réussite des actions d’accompagnement engagées par la municipalité. Un courrier est adressé au préfet en ce sens dès ce début de semaine.
Nous sommes particulièrement inquiets des déclarations de Dominique Voynet reconnaissant avoir engagé plus d’un million d’euros pour des solutions qui restent, à ce jour, du domaine du précaire et du provisoire pour les familles concernées.
La MOUS fixait comme objectif d’offrir des conditions de logements dignes et durables aux familles Roms. Or, ces familles vivent dans des caravanes d’occasion ; nous sommes bien loin des objectifs de la MOUS qui parlaient « d’habitats modulaires, bénéficiant des dernières techniques en matière d’isolation, en conformité avec les règles de Haute Qualité Environnementale. »
En moins d’un an, l’équipe de madame VOYNET a explosé le budget. Elle a provoqué l’afflux d’un millier de personnes supplémentaires légitimement attirées par un projet d’insertion auquel il manque l’indispensable solidarité qui devrait prévaloir notamment à l’échelle régionale. La ville se trouve ainsi incapable de maîtriser la situation et n’est plus en mesure d’offrir les conditions de vie attendues par les bénéficiaires de la MOUS.
Seule une évaluation sérieuse permettra de vérifier la clarté et le niveau d’atteinte des objectifs, l’adéquation des ressources affectées aux résultats obtenus et l’appréciation des résultats par les familles et les partenaires.
Notre demande intervient un an après la signature de la MOUS entre la ville et le Préfet. Elle nous paraît de ce fait d’autant plus justifiée.
Enfin, nous condamnons sans ambigüité et avec la plus grande fermeté tous propos stigmatisant et flirtant avec les thèses populistes susceptibles d’exacerber les tensions, les préjugés et la haine de l’autre. Mais nous alertons une nouvelle fois la municipalité sur le fait que la solidarité ne se décrète pas, qu’elle ne s’impose pas mais qu’elle doit se construire dans la durée en favorisant l’écoute, le dialogue et la concertation avec les habitants.