MOUS ROM - CONVENTION ENTRE LA VILLE ET L’ASSOCIATION ALJ 93

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INTERVENTION DE GAYLORD LE CHEQUER

Président du groupe Gauche Unie et Citoyenne

Conseil municipal du 18 février 2010

 

Cette convention est à l’image de votre gestion de la situation : pleine de discours de bonnes intentions mais brouillonne, coûteuse et à l’efficacité plus que discutable ce qui n’est jamais bon surtout lorsqu’on prétend vouloir mener une politique de gauche.

 

1ère remarque : Je vous rappelle que la situation initiale que vous aviez à assumer et à gérer c’était une situation d’urgence humanitaire et sociale pour une centaine de personnes au lendemain d’un dramatique incendie rue Dombasle. C’est cette situation qui vous a conduit à proposer, par la suite, la mise en œuvre d’un dispositif d’insertion sociale et professionnelle, une MOUS. Un dispositif avec lequel, nous le disons une fois encore, nous sommes d'accord tant sur le principe que sur les objectifs.

Nous avions fait le choix de ne pas participer au vote, tout comme le groupe socialiste et nos collègues Jean-Jacques SEREY et Juliette PRADOS ; une manière pour nous de manifester nos sérieuses réserves sur la manière dont les choses étaient engagées en ce qui concerne la mise en oeuvre de ce dispositif.

 

Dès le départ, nous vous avons mis en garde, notamment au lendemain de votre conférence de presse du 8 août 2008 promettant relogements et terrains à tous. Nous vous l’avions dit et écrit : « n’êtes vous pas en train de vous faire déborder par la situation, de créer les conditions que se développe un vrai ghetto et de créer de faux espoirs à des populations déjà en souffrance et à la recherche, légitime, d’un lieu d’accueil. »


Vous nous avez traités avec mépris et arrogance à chacune de nos mises en garde. Vous avez systématiquement culpabilisé les habitants et associations, y compris les associations oeuvrant depuis des années pour l’accueil des ROMS dans des conditions dignes.


Comme l’a déclaré Frédéric Molossi récemment, en agissant de la sorte, vous avez pris le risque d’opposer les gens entre eux, d’exacerber les tensions et les préjugés. Pour ma part, le 30 avril dernier, en écho à l’une des interventions provenant de l’un des élus de votre propre majorité, je vous faisais remarquer que la solidarité ne se décrétait pas, qu’elle ne s’imposait pas mais qu’elle devait se construire, dans la durée, avec les Roms mais aussi avec les habitants, par l’écoute, le dialogue et la concertation. Qu’avez-vous fait de ces mises en garde ?


1 an et demi après nos premières mises en garde, vous vous déclarez débordés face à l'afflux de nouvelles familles. "Les moyens de notre ville ne suffisent plus. La municipalité ne peut laisser se développer indéfiniment au gré de l'errance des populations (roms) des camps de fortune qui se transformeront inévitablement en bidonvilles". "La ville est débordée par l'afflux de familles nouvelles, (...) qui s'installent de manière sauvage". 

Seconde remarque : La présente convention est censée s’inscrire dans la MOUS que vous avez voté en avril dernier. Le financement de la MOUS, tel que cela figure à l’article 9 de la convention signée avec le Préfet, était estimé à 171 500 euros, dont 71 500 euros à la charge de la ville, le reste étant réparti entre l’Etat, la Région et le Conseil général.



A l’occasion d’une conférence de presse, vous avez déclaré, madame Voynet avoir engagé, au bas mot, quasiment 1 million d’euros. Mais pour quel résultat ? Pour des solutions qui restent du domaine du précaire et du provisoire pour les familles concernées. La MOUS vous fixait comme objectif d’offrir des conditions de logements dignes et durables aux familles Roms concernées. A ce jour, ces familles vivent toujours dans des caravanes d’occasion ; nous sommes bien loin des objectifs de la MOUS qui parlaient « d’habitats modulaires, bénéficiant des dernières techniques en matière d’isolation, en conformité avec les règles de Haute Qualité Environnementale. »

 

Vous avez explosé le budget, provoqué un afflux de familles nouvelles sans en assumer la maîtrise et sans être en mesure d’offrir les conditions de vie attendues par les bénéficiaires de la MOUS.

 

Et vous nous demandez aujourd’hui de vous autoriser à signer une nouvelle convention dont le montant s’élève à plus de 700 000 euros ? Etes-vous bien sérieux !?

 

Cette convention, ne concerne de surcroit que 182 des 353 personnes concernées, les autres familles continueraient, si nous comprenons bien, d’être suivies par l’association Rues et Cité. Pour quel montant, quels objectifs et avec quels moyens de coordination entre l’action de ces deux associations ?

 

L’article 7 de votre convention, annonce une participation de la ville à hauteur de 438 115 euros, mais l’article 5 prévoit également que nous prenions en charge : Un terrain grillagé avec terrassement, assainissement, raccordement voirie, branchements d’eau, éclairage public, mais aussi 6 blocs sanitaires, 2 blocs cuisine, des bureaux équipés et 65 caravanes. Pourrions-nous connaître le montant de tout cela ?

 

Les déclarations d’intention humanitaires et sociales sont bonnes, le discours est de gauche mais la mise en œuvre et le pilotage sont épouvantables, le financement est insensé surtout au regard des résultats.

 

Dans un tel contexte, et parce qu’il est temps de réfréner une telle fuite en avant, je vous informe, qu’en ma qualité de Président de groupe, avec ma collègue Alexie LORCA pour le groupe socialiste et avec Jean-Jacques SEREY et Juliette PRADOS, nous allons saisir le préfet pour demander, conformément à l’article 11 de la MOUS, une évaluation permettant d’apprécier le degré de réussite des actions d’accompagnement engagées.

 

Comme le prévoit cet article, nous demanderons que soient évaluées :

 

  • la clarté et sur le niveau d’atteinte des objectifs
  • l’adéquation des ressources affectées aux résultats obtenus
  • l’appréciation des résultats par les familles et les partenaires.

  

Dans l’attente des résultats de cette évaluation, nous refusons de participer au vote sur cette délibération.

 

 

 

 

 

 

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