Rythmes scolaires à Montreuil : mettre fin au double discours
REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES A MONTREUIL :
IL EST URGENT DE METTRE FIN AU DOUBLE DISCOURS
C’est par décret, examiné par le Conseil supérieur de l'éducation, que le Ministre de l’Education nationale a décidé d’instaurer le nouveau rythme scolaire. La mesure gouvernementale qui renvoie aux villes la responsabilité de mise en œuvre opérationnelle de cette réforme est accompagnée, pour 2013, d’une incitation financière destinée à amadouer le plus de collectivités possibles. Celles qui n’auront pas saisi la carotte financière se verront de toute façon contraintes d’appliquer la mesure à la rentrée 2014 mais cette fois-ci sans garanties financières. En agissant de la sorte, le gouvernement se livre à une forme de chantage aux subventions assez insupportable alors que toutes les associations d’élus, de toutes sensibilités politiques, s’inquiètent du processus d'étranglement financier des collectivités et de la disparition de toute autonomie fiscale et financière.
C’est dans ce contexte, que, selon l’Association des Maires des Grandes Villes de France, la ville de Montreuil se serait déclarée prête à mettre en œuvre cette réforme dès la rentrée 2013 suscitant de vives inquiétudes parmi la communauté éducative, chez les parents d’élèves et les 900 agents communaux qui seront directement concernés par ces changements.
Cette déclaration a par ailleurs été confirmée hier soir par le groupe de la majorité « Montreuil Vraiment » en parlant « d’objectif 2013 » alors que quelques minutes auparavant l’adjointe à l’Education maintenait le doute face aux parents d’élèves réunis en mairie à son initiative pour une réunion qui, faute de préparation, s’apparentait plus à une discussion du café du commerce qu’autre chose. Conscient de ce nouveau cafouillage dans la communication municipale, le groupe des élus majoritaires s’est alors empressé de rectifier le tir en parlant d’une formulation « mal fichue » de leur part.
Mais, ce qui pose question sur le fond, c’est de savoir comment la ville peut-elle d’un côté se fixer « l’objectif 2013 » et se déclarer « prête » alors que dans le même temps l’élue à l’Education reconnaissait hier soir que la municipalité n’avait ni projet, ni budget, ni le personnel pour appliquer cette mesure. Comment peut-elle se dire prête alors que les 900 agents et leurs représentants n’ont pas été consultés et que le Comité Technique Paritaire n’a pas été saisi.
Dans ce contexte, l’élue à l’Education ne peut pas prétendre « concerter » alors que les termes exacts de la concertation ne sont pas clarifiés par la ville elle-même.
A ce jour, les conditions ne sont absolument pas réunies pour que le dialogue et la concertation puissent se dérouler dans de bonnes conditions et avec la sérénité nécessaire à l’élaboration d’un Programme Educatif Local ambitieux. Il appartient à la municipalité de lever toutes ambiguïtés, il en va du bon sens politique.
Pour notre part, nous joignons notre voix à celles qui s’élèvent déjà largement dans la ville parmi les enseignants, animateurs, ATSEM, parents pour demander le report, à 2014, de l’application de la réforme des rythmes scolaires. Sur cette base, la ville donnerait alors un délai de plus d’un an pour un vrai dialogue et une véritable concertation.